Les jardins-maraîchers au service de notre bien-être

Les jardins-maraîchers au service de notre bien-être

De belles tomates dans le soleil

Les jardins-maraîchers nous offrent des tomates bien juteuses en été, des courges pour de délicieuses soupes en automne et des topinambours pour passer l’hiver. Mais plus que simplement ravir nos papilles et remplir notre estomac, les jardins-maraîchers recèlent bien d’autres bénéfices, surtout lorsqu’ils sont implantés dans les lieux où nous vivons, comme les entreprises, les écoles ou les centres de santé.

Les êtres humains ont un attrait instinctif pour la nature, un besoin vital d’être connecté au vivant, appelé biophilie[1]. C’est la raison pour laquelle les espaces végétalisés sont des lieux de ressourcement, qui apaisent et nous redonnent de l’énergie. Ainsi, la simple présence de plantes au sein d’un bureau augmenterait la productivité de ses salariés de 8 %, la vitesse de réaction de 12 %, la créativité de 15 % et diminuerait la fatigue de 32 % [2] ! Que dire alors d’un jardin-maraîcher au seuil de l’entreprise où les légumes poussent en pleine terre ! En effet, la richesse écologique des espaces végétalisés – présence d’une plus grande biodiversité, d’animaux sauvages, d’une palette de couleurs, de variété dans les formes végétales – en renforce encore tous les effets positifs. Certains dirigeants l’ont bien compris : Marc Zuckerberg est ainsi un adepte des walkings meetings en extérieur et il existe des salles de réunion dans les arbres chez Microsoft !

Jardiner rendrait aussi plus heureux et intelligent – rien que ça ! L’on doit ces effets à une petite bactérie présente dans le sol, la mycobacterium vaccae. Le contact avec cette bactérie, en ayant les mains dans la terre, augmente la production de sérotonine dans le cerveau, l’hormone du bonheur[3]. Qui plus est, cette bactérie réduirait l’anxiété et augmenterait les capacités d’apprentissage[4]. Une bonne raison d’aller semer et biner ! Parce que dans ce cas, regarder l’herbe pousser en mangeant sa ratatouille à midi ne suffit pas, il faut mettre la main à la pâte – ou plutôt dans la terre.

Des radis tout juste sortis de terre

Ce qui tombe bien, puisqu’un jardin-maraîcher est un lieu idéal pour organiser des activités de groupe, lorsque certaines tâches nécessitent plus de bras que ceux du seul maraîcher ou pour certaines activités quotidiennes – installation des serres à l’automne, repiquage d’oignons, récolte d’aromatiques, etc. Ces moments tissent des liens forts entre collègues, créent des souvenirs conviviaux et consolident ainsi la cohésion d’équipe. Les jardins-maraîchers nous permettent aussi de connaître notre “médecin du quotidien”, celui qui jour après jour fait pousser notre nourriture ! Rencontrer notre maraîcher, c’est l’occasion de tisser un lien social crucial et de faire tomber des barrières nous enfermant trop souvent dans des milieux sociaux peu perméables.

Enfin, les jardins-maraîchers nous reconnectent au vivant et aux cycles naturels. Dans un monde de plus en plus régi par le numérique, le dématérialisé, l’instantané, la course contre le temps, les jardins-maraîchers nous ancrent dans une temporalité plus naturelle et douce. Ils nous ré-apprennent à exercer tous nos sens, nous décollent de nos écrans, nous enseignent la patience et nous font apprécier les légumes de saison à leur juste valeur. Nous pouvons enfin faire le lien entre le concombre de notre salade grecque et la drôle de plante grimpant sur des treillis au jardin !

La création de jardin-maraîchers au sein d’espaces végétalisés d’entreprise est une action doublement vertueuse : bénéfique tant pour les salariés de l’entreprise, que pour les maraîchers cherchant à s’installer sur de petites surfaces. Mais l’enjeu de l’accès à la terre des maraîchers, ce sera pour un autre article – stay tuned 😉!


[1] Kaplan, R.; Kaplan, S. (1989). The Experience of Nature: A Psychological Perspective. Cambridge University Press.

[2] Nieuwenhuis, M., Knight, C., Postmes, T., & Haslam, S. A. (2014). The relative benefits of green versus lean office space: Three field experiments. Journal of Experimental Psychology: Applied, 20(3), 199-214.
Lee, Kate & Williams, Kathryn & Sargent, Leisa & Williams, Nicholas & Johnson, Katherine. (2015). 40-second green roof views sustain attention: The role of micro-breaks in attention restoration. Journal of Environmental Psychology.

[3] M Matthews, Dorothy & Jenks, Susan. (2013). Ingestion of Mycobacterium vaccae decreases anxiety- related behavior and improves learning in mice. Behavioural processes. 96. 10.1016/j.beproc.2013.02.007.

[4] Carly J. Wood Jules Pretty Murray Griffin (2016). A case–control study of the health and well-being benefits of allotment gardening. Journal of Public Health, Volume 38, Issue 3, 336–e344.


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